Quelle image de la Suisse avaient vos coéquipiers lors de votre arrivée?
Soyons honnêtes, la plupart ne connaissaient pas du tout la Suisse. Ils connaissent Roger Federer et maintenant Stan Wawrinka, mais c’est tout. Souvent, on me parle aussi des banques et du chocolat ainsi que des montres bien sûr. Cela dit, dans le monde du sport, l’origine reste toujours secondaire à ce que tu arrives à prouver sur le terrain.

Que leur avez-vous raconté alors sur notre pays?
Je leur parle beaucoup de la taille des gens et des choses. Il y a une grosse différence, même sur la taille des voitures. C’est ce qui m’a tout de suite impressionné et j’explique souvent cela aux Américains qui me demandent à quoi ressemble une ville suisse.

Qu’est-ce qui vous manque le plus?
La nourriture! Le chocolat, les Farmer et la raclette en particulier.

Quelles sont les valeurs typiquement suisses qui vous distinguent des autres aux Etats-Unis?
Il est vrai que je sens que mon éducation et les valeurs transmises par mes parents me différencient radicalement de la plupart des gens d’ici. La notion d’ouverture à l’autre est particulièrement peu développée. La perception de la modestie est également très différente. Quasiment tous les joueurs de baskets américains pensent qu’ils sont le centre du monde et qu’ils sont les meilleurs de l’histoire du sport. Lorsqu’ils vivent une réussite, ils pensent simplement qu’il était temps que le public reconnaisse leur incroyable talent. Personnellement, j’ai appris à savourer chaque étape.

Au contraire, qu’ avez-vous appris des Etats-Unis?
L’esprit d’entrepreneuriat et l’attitude toujours positive. C’est d’ailleurs quelque chose qu’il serait avantageux de développer dans les écoles suisses. Cette mentalité est vraiment intéressante et prolifique. Personnellement, je m’en inspire et je suis d’avis qu’une fois couplée avec la vision humble des Suisses, elle a d’autant plus de force.

Et maintenant, quels sont vos grands défis à venir?
J’aimerais aider mon équipe à gagner le titre de champion de NBA. Personnellement, je pense encore pouvoir m’améliorer et développer mon jeu pour continuer d’être le meilleur possible dans ce que je fais.


FACTS

Thabo est né en 1984 à Vevey. Son prénom signifie «celui qui amène la joie» en sotho, la langue parlée en Afrique du Sud, le pays d’origine de son père.
Il participe régulièrement à des camps de formation pour des jeunes Suisses afin de les motiver et les former à leur sport.
Mesurant plus de deux mètres pour près de cent kilos, sa polyvalence et sa robustesse lui valent le surnom de «Swiss Knife», couteau suisse.