Avec 958 brevets déposés par million d’habitants, la Suisse surclasse de nombreux pays. Comment l’expliquer?

Cela s’explique par une excellente formation et des investissements très importants dans la recherche et le développement.

Notre rôle est de soutenir l’esprit entrepreneurial

Selon plusieurs études, les dépenses de R&D en Suisse représentent 2,9% du produit intérieur brut, chaque année, soit le même niveau qu’aux Etats-Unis.

Mais les brevets ne sont pas directement synonymes d’innovation. La Suisse est en retard en matière de digitalisation, un phénomène global qui transforme les industries et la société de façon radicale. 

Dans quels domaines notre pays est-il le plus innovant?

Nous avons une longue tradition de développement de produits miniaturisés et très fiables, à la frontière des sciences de l’ingénieur et des sciences de la vie.

L’héritage de l’industrie horlogère fait partie de notre ADN et influence nos innovations, à l’image des techniques de diagnostic médical ou des implants.

Les investisseurs sont-ils au rendez-vous?

Nous assistons à une accélération des investissements de capital-risque ces dernières années dans les start-up suisses, en particulier sur l’arc lémanique.

Il y a un réseau, voire un écosystème. Mais il nous faut encore davantage de belles histoires et une masse critique plus importante de projets.

Il faut parler de capital, celui qui se met au service de l’innovation, de l’entrepreneuriat, et pas seulement d’argent.

Quel est le rôle des hautes écoles suisses dans cette innovation?

Notre rôle est de soutenir l’esprit entrepreneurial, faciliter les contacts entre entreprises et investisseurs. Mais c’est surtout de repérer et de mettre en valeur les talents.

Enfin, il nous faut proposer aux grandes entreprises, parfois en panne de créativité, des solutions innovantes qui feront la différence sur les marchés internationaux.

La Suisse est condamnée à innover, au risque de connaître une stagnation de son économie.